Introduction
Introduction
Ce module remet en question la vision hégémonique de la santé mentale que portent la psychiatrie et les sociétés occidentales, en opposition avec celle des peuples autochtones.
D’une part, il traite des savoirs autochtones et de leur importance. De l’autre, il discute des pratiques coercitives mises en œuvre à l’encontre des personnes autochtones, notamment dans le Nord.
Le sujet est assez peu exploré dans la littérature et il existe très peu de données canadiennes sur le recours à la coercition psychiatrique à l’encontre des personnes autochtones. Toutefois, leur surreprésentation dans d’autres systèmes coercitifs, comme la justice criminelle ou la protection de la jeunesse, et les résultats de recherches internationales démontrent l’urgence de s’y pencher.
Dans ce module, il est question des perspectives autochtones sur la santé mentale et sur la guérison; de la réalité de la pratique en soins infirmiers et des patient·es dans les communautés (incluant celles éloignées), y compris, le point de vue des membres des communautés sur la coercition et l’offre de soins et de services.
Travaux de différentes commissions
La Commission de vérité et réconciliation du Canada et la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec (Commission Viens) ont émis plusieurs appels à l’action dont plusieurs concernant la santé.
- Les appels 18 à 24 de la Commission de vérité et réconciliation du Canada : Appels à l’action (2012).
- Les appels 74 à 91 de la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec : écoute, réconciliation et progrès. Rapport final (2019) et dans le Rapport synthèse.
Le principe de Joyce
Le principe de Joyce vise à garantir aux personnes autochtones un droit d’accès équitable, sans aucune discrimination, à tous les services sociaux et de santé, ainsi que le droit de jouir du meilleur état possible de santé physique, mentale, émotionnelle et spirituelle. Le Principe de Joyce requiert obligatoire la reconnaissance et le respect des savoirs et connaissances traditionnelles et vivantes des autochtones en matière de santé.

- Gaulin, D. (2021). Des savoirs en tension : la construction des savoirs en santé mentale et la place des savoirs autochtones dans l’organisation des services. Revue canadienne de service social, 38(2), 87-111.
- Manitowabi, D. (2023) The Healing Path: reconciling the attempt to eliminate Indigenous healing in Canada, Canadian Medical Association Journal, 195(12), E455-456.
- Malott, K. M., Barraclough, S. et Yee, T. (2023). Towards decolonizing diagnosis: A critical review and suggested alternatives. International Journal for the Advancement of Counselling, 45(1), 1-17.
- Redvers, J. (2020) ‘The land is a healer’: Perspectives on land-based healing from Indigenous practitioners in northern Canada. International Journal of Indigenous Health, 15(1), 90-107.
Les travaux de la Commission des Institutions préalables à l’adoption de la Loi instaurant l’approche de sécurisation culturelle au sein du Réseau de la santé et des services sociaux, RLRQ c A-20.1.1. (Projet de loi n° 32. (2023). 1er sess., 43e lég.); voir les mémoires déposés lors du mandat « Consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 32 » sur le site de l’Assemblée nationale du Québec, notamment : Commission des droits de la personne et de la jeunesse. (2023). Mémoire à la Commission des institutions de l’Assemblée nationale — Projet de loi n° 32, Loi instaurant l’approche de sécurisation culturelle au sein du réseau de la santé et des services sociaux.

